Bruxelles, déroutante et passionnante

La capitale belge a été « chantée » sur tous les airs et dans toutes les langues. Un intérêt qui se justifie par son histoire et la qualité de son architecture, mais avant tout par l’état d’esprit de sa population.

Difficile de savoir par quel bout et suivant quel thème aborder la capitale du royaume belge. Bruxelles est multiple, et en cela elle est unique. Le premier paradoxe de la ville n’est pas des moindres. Dans ce pays aux rapports troublés entre les Wallons et les Flamands, Bruxelles joue au soldat de la paix. Capitale de la région flamande, sa population est à près de 90% francophone. Une enclave comme un symbole d’apaisement.

La richesse de la ville se trouve d’ailleurs dans ses contradictions. A la fois classique et moderne, Bruxelles possède un cœur de cité illuminé par la Grand Place et les quartiers alentours. Une histoire pesante dont les Belges ont toujours su se moquer, à l’image de l’installation de la petite statue du Manneken Pis – « le môme qui pisse » en dialecte bruxellois – dévoilée au XVIIe siècle.

De leur autodérision et leur vivacité d’esprit, les habitants de la capitale ont toujours su faire une force. Celle-ci se révèle dans la puissance créative des auteurs de bande dessinée. Depuis Hergé, la Belgique est devenu le centre du monde du genre. Bruxelles ne s’y trompe pas et a même rebaptisé certains noms de rues en s’inspirant de Tintin ou des héros de Franquin et Peyo. Plusieurs circuits touristiques proposent même de visiter la ville sur le thème de la BD (musées, rues, etc.).

De nos jours, la création artistique bruxelloise se trouve plutôt du côté de la musique. Dans le sillage de Jacques Brel, puis Arno, nombre de groupes pop-rock ont conquis les radios du monde entier : K’s Choice, Hooverphonic, Ghinzu, Front 242 et surtout dEUS. Ce bouillonnement inspire hors du pays. Les mussiciens anglo-saxons ou Français ont ainsi fait de Bruxelles un passage obligé pour tester leur univers musical. Bruxelles est ainsi devenue multiculturelle, anglophone, germanophone, italophone…

Cette modernité et ce mondialisme se retrouvent dans tous les bars du centre ville, mais encore plus dans les quartiers excentrés où les scènes rivalisent d’affiches alléchantes. Un moteur culturel qui y aiguillonne les autres disciplines. Dans les faubourgs, l’architecture trouve aussi plus d’espace pour s’exprimer, sans respecter les contraintes imposées par la proximité des monuments historiques.

Coincés entre le passé et le désir d’être acteurs du futur, les Bruxellois jouent la carte de la neutralité et de l’ironie. Des armes discrètes mais efficaces, qui ne masquent pas une intelligence perçante et une ouverture à nulle autre pareille. Engager une conversation avec un habitant de la capitale est une plongée dans des abîmes d’humour et de connaissances. Le tout en dégustant une « Gueuze », une « Kriek » ou une « Pils », ces bières qui font la réputation de la ville et du pays.

Une visite de la ville se fait donc pour les trésors culturels et historiques, mais surtout pour les rencontres fortuites ou provoquées avec les habitants et même avec les commerçants, jamais avares d’un bon mot, d’une anecdote pour célébrer leur ville.

Après voir arpenté le coeur de la cité, le visiteur se doit de quitter la Grand-Place pour se rendre dans l’élégant quartier d’Uccle, puis dans le quartier Dansaert où le nombre de boutique de mode aura de quoi ravir les accros du shopping. Moins futile, le Palais des Beaux-Arts ravit par la qualité de ses expositions, à l’image de celle, récente, consacrée à Watteau. Même constat pour le Musée d’Ixelles ou le centre d’art Maison Particulière.

Parallèlement aux visites, rencontres et discussions, l’estomac et le palais sont eux-aussi à la fête. Les chocolats raviront les plus exigeants, que ce soit dans les boutiques ou les musées spécialisés dans le cacao. Des gourmandises qu’il convient de compléter par ces fameuses gaufres bruxelloises, savoureuses, mais véritables cauchemars des diététiciens.

Et si ces sucreries et ces nourritures spirituelles ne vous suffisent pas, terminez le tour de ville en faisant un détour par le Palais Royal. Très respectueux de la famille royale (discrète à l’image de son peuple), les Bruxellois n’aiment guère que l’on raille le Roi… à moins qu’ils ne le fassent eux-mêmes !

Stéphane Cugnier

Pour s’y rendre : Environ 3h20 par l’autoroute depuis Paris. 1h22 en train par Thalys depuis Paris Gare du Nord.

En savoir plus : www.belgique-tourisme.fr ; www.tourismebelgique.com ; www.bruxelles.be ; www.bruxelles.irisnet.be ; www.quefaire.be/region/bruxelles ; www.monarchie.be

Les bonnes adresses de restaurants : « La Cave du Roy » (Grand-Place) ; « Blue chocolate » (Place Saint Job) ; « Café Belga » (Place Eugène Flagey) ; « Au Vieux Saint-Martin » (Place du Grand Sablon) ; « Léon » (Rue des Bouchers).

A ne pas manquer : « La Boutique Marcel », le bar du « Belga Queen », les galeries royales Saint-Hubert.

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