Big Sur, un isolement envoûtant

 

Région légendaire de la côte californienne, Big Sur est une bande de terre au bout du monde coincée entre falaises, landes, forêts et océan. Une situation unique qui frappe directement à l’âme…

Big Sur est une énigme. Comment cette terre sauvage, rocailleuse, hostile et battue par les vents, étirée sur 140 kilomètres et peuplée par à peine plus de 1000 habitants, a-t-elle pu devenir une région mythique ? L’explication tient peut-être dans la célébration qu’en ont faite des écrivains tels qu’Henry Miller, Jack Kerouac, Richard Brautigan ou Hunter S. Thompson, ou par l’installation ponctuelle de stars comme Orson Welles et Rita Hayworth.

La vérité est toutefois ailleurs : Big Sur se suffit à elle-même. Ses paysages grandioses s’emparent de l’âme. Impossible de rester insensible à la force et à la majesté de ce qui vous entoure. Sitôt passé San Simeon et le phare de Piedras Blancas, les plages occupées par les phoques et les éléphants de mer laissent ainsi place aux falaises à pic et aux eaux turquoises. Débute alors un trajet à couper le souffle vers le Nord de la Californie, que l’on effectue quasiment en apnée jusqu’à Carmel, voire même San Francisco.

Difficile de résister à l’envie de s’arrêter tous les 100 mètres pour sortir son appareil photo. Ici le visiteur se sent seul, unique, exposé face à l’immensité. Le désir de figer ces moments et ces sensations ambivalents de fragilité et de puissance ne vous quitte plus. Big Sur plonge et s’inscrit en vous…

La communion avec le « Grandiose » ne fait que commencer. Les sites d’exception s’enchaînent sans laisser de répit. La traversée de Big Sur s’avère spectaculaire, un décor grandement sublimé par la sinueuse California State Route 1.

Sillonnant entre lande et océan, ce long ruban de bitume fut construit de 1919 à 1937. L’édification de 33 ponts fut d’ailleurs nécessaire pour le compléter. Toutes les bonnes volontés mirent la main à la poche afin de boucler le financement. Certains vinrent même travailler bénévolement pour terminer le chantier, et notamment l’écrivain John Steinbeck, résidant à Monterey.

Aujourd’hui, certains ouvrages d’art de cette route restent emblématiques, à l’image du plus long d’entre eux, le Bixby Creek Bridge (ouvert en 1932 et haut de 85 mètres).

La construction de la Highway 1 a ainsi permis de révéler nombre de joyaux, à commencer ceux de la faune et de la flore. Amphibiens rares, condors, coyotes et cerfs occupent les terres, tandis que l’océan laisse fréquemment apercevoir dauphins et baleines. De nombreuses réserves marines ont logiquement été créées le long de la côte et les espèces menacées tentent d’y trouver la paix et de proliférer à nouveau.

La biodiversité terrestre est également remarquable. Les forêts regorgent d’essences et de plantes qui font le bonheur des botanistes. Neuf parcs d’Etat ont vu le jour pour préserver ces beautés, tel que le Julia Pfeiffer Burns State Park abritant les incroyables McWay Falls (cascades) se jetant dans l’eau turquoise du Pacifique.

Face à ce spectacle naturel, les écrivains de la Beat Generation, au cours des années 50-60 n’ont pu résister à l’urgence de coucher sur papier des odes à Big Sur. Aujourd’hui, les musiciens font de même, des Beach Boys aux Thrills, en passant par les Red Hot Chili Peppers…

Des louanges loin d’être surfaites, même pour les voyageurs les plus exigeants. Il suffit de prendre le temps de s’installer  en terrasse du restaurant Nepenthe pour y boire un verre face au coucher du soleil pour être conquis. Et pour comprendre qu’à Big Sur, le temps n’existe plus…

Stéphane Cugnier

Plus de renseignements : http://www.bigsurcalifornia.org/

Restaurants et hôtels : http://www.bigsurtaphouse.com/ (grande sélection de bières brassées sur place) ; http://www.nepenthebigsur.com/ (nourriture agréable en dépit de prix un peu élevés, mais une vue à couper le souffle, l’adresse à ne pas manquer) ; http://www.deetjens.com/ (restaurant et hôtel séduisants dans une ambiance rustique) ; http://www.lucialodge.com/ (menus passables, mais superbe situation face à l’océan) ; http://www.postranchinn.com/ (hôtel de luxe, construction épurée à flanc de falaise. Un site naturel exceptionnel) ; « The Whale Watcher Cafe » (belle situation, mais cher et service peu à la hauteur).

A lire : « Big Sur » (Jack Kerouac), « Big Sur et les oranges de Jerome Bosch » (Henry Miller), « Le général sudiste de Big Sur » (Richard Brautigan).

Publicités

3 commentaires

  1. Je ne l’ai pas vu. Mais d’après ce que je suis allé lire sur les sites de ciné, il aurait été tourné beaucoup plus au Nord de la Californie, à Ferndale. Cela me donne envie d’aller y faire un tour ! 😉

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s