Monaco, derrière la porte dorée

Loin des idées reçues et apparences, Monaco ne se limite pas à un ghetto pour les plus fortunés. La Principauté possède également un côté populaire et authentique.

Luxe, paillettes, oisiveté et voitures de sport… L’image de la Principauté de Monaco se résume parfois à cette présentation. Une vision sur laquelle capitalise le pays depuis des décennies pour attirer une clientèle fortunée, mais pourtant ô combien réductrice. La population monégasque est en effet loin de se limiter aux richissimes hommes d’affaires ou stars du show business.

Sur ce territoire de 2,02 km2 (deuxième plus petit État indépendant au monde), une grande partie des 36 000 habitants se révèle très modeste. Les princes successifs l’ont d’ailleurs bien compris en mettant en place un système de logement dans des bâtiments domaniaux en échange d’un loyer raisonnable, permettant ainsi aux habitants d’obtenir un appartement de très bon standing.

Nombre d’entre eux sont toutefois condamnés à être locataires en raison des prix élevés du marché. Par ailleurs, la pénurie de logements domaniaux se fait cruellement sentir. Malgré tout, les Monégasques tiennent bon et font battre le cœur de ce pays, le plus densément peuplé au monde.

Grâce à eux, la Principauté a d’ailleurs su préserver son côté populaire. Il suffit pour s’en convaincre de se rendre sur le marché de la Condamine, à quelques mètres du Port Hercule. Au milieu des étals de fleurs, de légumes et de poissons, les habitants se pressent, discutent et s’interpellent en monégasque (dialecte ligure). Ici, pas de chichi ou de bling bling. La simplicité des commerçants et des clients fait oublier les cigares et lunettes noires des terrasses du Casino.

Aux alentours de midi, comme dans toutes les villes du monde, les rues se remplissent de mères de famille prenant la direction des écoles maternelles. Les poussettes, cartables et trottinettes envahissent alors les artères, et les conversations n’ont que peu de rapports avec le cours du CAC40 ou les dernières collections haute-couture.

Sur les bancs et dans les jardins publics, les plus anciens se reposent et assistent en souriant au défilé des enfants. Certains vous saluent et pour peu que vous preniez le temps d’engager poliment le dialogue, aiment à vous conter l’évolution du Rocher. Tous cultivent leur simplicité, mais se montrent méfiants à l’égard de ceux qui cherchent à dénaturer l’image de leur pays ou effectuent des raccourcis tranchés sur la vie monégasque. S’ils se montrent critiques sur la quête de modernité du pays, la famille princière trouve tout de même grâce à leurs yeux, quelles que soient les orientations et les décisions prises.

Cette sérénité et cette modestie se retrouvent également dans les rues de Monaco-Ville. Dans ces passages calmes et frais menant au Palais, le linge pend aux fenêtres et les ouvriers mangent leur sandwich assis sur le rebord des fontaines. Les rires des collégiens ponctuent chaque phrase, tandis que les bus déversent les employés rentrant chez eux prendre leur repas. Il en va de même dans le quartier plus moderne (gagné sur la mer) de Fontvieille, où nombre de familles monégasques résident.

Car la Principauté est aussi un pays qui travaille ; et parfois sans relâche. Du manutentionnaire au banquier, en passant par le chauffeur, l’agent administratif, le serveur ou le croupier, les Monégasques s’activent pour faire vivre Monaco, jour et nuit. Certes l’image véhiculée à travers le monde est celle des rentiers prenant le temps de vivre, mais cette réalité se double de celle de vies simples rythmées par les horaires de travail.

En cela, le Rocher ne diffère en rien des autres pays du monde. Chacun y lutte pour une vie meilleure, avec plus ou moins de réussite. Une préoccupation terre à terre, modeste, qui constitue aussi le quotidien de cette usine à rêves, et qui permet encore au pays de conserver une part d’authenticité.

Stéphane Cugnier

Pour se rendre à Monaco: Depuis Aix en Provence ou Nice, emprunter l’autoroute A8, puis Prendre la sortie 56-Monaco vers Cap-d’Ail/Beausoleil, et rejoindre l’A500.

Le trajet vers Monaco s’effectue également en train ou en bus depuis Nice. Renseignements : www.voyages-sncf.com

Pour découvrir la Principauté : Le territoire peut aisément être parcouru à pied. Les automobilistes ne devront donc pas emprunter leur véhicule au risque de ne rien voir du pays, véritable gruyère parsemé de tunnels, et préfèreront le laisser dans l’un des parkings du territoire. Une visite à pied est facilitée par les nombreux ascenseurs facilitant le passage d’une rue à l’autre.

La meilleure solution reste toutefois l’achat d’un billet de bus « Monaco le grand tour ». Ces tickets sont valables pour la journée et comprennent douze arrêts. Ils permettent de découvrir tous les quartiers avec guide audio sur l’histoire du pays, de prendre le temps de s’arrêter aux endroits qui vous intéressent, puis de reprendre un autre bus un peu plus tard. Un peu cher à l’achat (18 €), ce ticket se révèle très vite économique. http://monacolegrandtour.com/

Autre possibilité pour partir à la découverte de Monaco, l’office de tourisme a récemment mis en place le « Parcours Princesse Grace ». Un trajet à travers la Principauté suivant 25 points précis, illustrés par des panneaux explicatifs. Ce parcours retrace le travail de la Princesse durant ses années de présence, avant sa mort tragique.

A voir : En dépit de leur recherche d’authenticité, les visiteurs ne devront pas faire l’économie d’une visite aux lieux les plus emblématiques de la Principauté. Du Casino au Café de Paris, en passant par le Palais Princier, le Port Hercule, l’Opéra, le Monte-Carlo Sporting Club d’été, le Stade Louis II (construit pour résister à un tremblement de terre de 8,3 sur l’échelle de Richter !), le musée océanographique, le jardin exotique ou le musée automobile, les lieux d’intérêt ne manquent pas. Il ne faudra pas non plus manquer la relève de la garde devant le Palais Princier, tous les jours à 11h55 précises.

Et pour les plus courageux (ou inconscients), la Principauté pourra aussi être découverte dans sa configuration la plus folle, à savoir au cœur de l’été, ou lors du Grand Prix de F1 et du tournoi ATP de tennis !

Par ailleurs, la SBM (Société des Bains de Mer) fête cette année ses 150 ans à travers un large programme d’animations.

Plus de renseignements : www.visitmonaco.com

 

Article similaire publié en juin 2013 dans « Ma(g)Ville », page 28

http://www.magville.fr/magville-n-32/

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