Fuir l’agitation sur l’île d’Herm

Un hôtel, une boutique, un café, une église et 66 habitants. A quelques kilomètres des côtes françaises, l’île d’Herm – partie du baillage de Guernesey – offre une quasi vie d’ermite et  une nature préservée.

Des îles anglo-normandes on ne retient souvent que les noms de Jersey et Guernesey. C’est oublier un peu vite que ces territoires comprennent également une constellation d’une dizaine de petites îles faisant partie de leur bailliage.

Certaines, acquises par des millionnaires, sont devenues des retraites privées qu’il est impossible de visiter. Les autres restent toutefois accessibles et présentent des particularismes dont se régalent les visiteurs. Sercq (« Sark » en anglais) par exemple affiche une richesse botanique préservée par le fait que les véhicules à moteur sont bannis de l’île. Seules les roulottes et vélos y sont en effet autorisés.

Herm est cependant la plus surprenante. Située à moins de 5 kilomètres des côtes guernesiaises et peuplée de seulement 66 habitants, l’île ne présente qu’une superficie de 2,5 km2, soit le plus petit territoire de toutes les « Channel Islands ». Sur cet espace restreint, l’administration a décidé de bannir les voitures… et les vélos ! Les seuls moyens de locomotion sont par conséquent les deux tracteurs et quelques quads que possèdent les insulaires, dont ils se servent pour décharger les marchandises provenant des ferries effectuant la liaison avec Guernesey.

Imperméable à l’installation de nouveaux habitants, Herm cherche pourtant à séduire les touristes lesquels représentent 100% des revenus de l’île. 77 000 visiteurs s’y rendent ainsi chaque année pour profiter des images plages de sable fin, des paysages, mais aussi pour observer la vie animale. Un tour de l’île à pied dure à peine plus de deux heures, mais permet de découvrir une centaine d’espèces d’oiseaux, notamment le magnifique macareux moine, ainsi que des phoques.

Au passage, criques, plages désertes, falaises, forêts et chemins de randonnée dévoilent la richesse des lieux. De Belvoir Bay à Seagull Campsite, en passant par Puffin Bay et Shell Beach, les visiteurs s’offrent un régal pour les yeux. Ce régal n’est toutefois que provisoire, le nombre de nuitées étant limité pour les touristes, lesquels peuvent loger au White House Hotel, l’unique établissement, mais aussi au camping ou dans la dizaine de cottages disponibles. Les séjours sur place permettent ainsi d’oublier l’agitation extérieure.

Pour les habitants, en revanche, la beauté des lieux est parfois tempérée par la rudesse des conditions. L’isolement est en effet à double tranchant. Aucun médecin ne réside sur l’île et seule une école, dotée d’un unique enseignant, accueille les enfants jusqu’à 11 ans. « Nous avons huit élèves à l’heure actuelle, âgés de 5 à 11 ans », explique Jonathan Watson, administrateur de l’île, doté du titre de Directeur de l’Hospitalité. « Par la suite, ils sont contraints de partir à Guernesey. Ils étudient là-bas toute la semaine et ne reviennent que le week-end. Nous avons aménagé une maison à Guernesey pour accueillir nos enfants. Celle-ci est placée sous la surveillance d’un couple d’adultes. » Six enfants étudient ainsi cette année loin de leurs parents, lesquels n’ont pas toujours l’occasion de communiquer avec leurs têtes blondes, le réseau de téléphone et les connexions internet étant particulièrement capricieuses.

Autre particularité pour les téléphages, Herm n’est pas couverte par le réseau de télévision. Les habitants ne sont reliés aux nouvelles du monde que par le biais de la radio ou des journaux. « Un vrai bonheur », assure Jonathan Watson. « D’ailleurs, les résultats de nos élèves en matière de lecture et de compréhension sont parmi les plus élevés de Grande-Bretagne. »

En dépit de ces petits désagréments, auxquels s’ajoutent la difficulté de ravitaillement (pour ceux qui ne possèdent pas de potager ou un minimum d’élevage) ou la dépendance vis-à-vis du tourisme, les habitants d’Herm ne souhaitent pour rien au monde modifier leur mode de vie ou développer la population de l’île. Et Jonathan Watson, qui fait également office de pasteur chaque dimanche matin au sein de l’église Saint Tugual, affirme : « Si j’écoutais les gens, il faudrait encore durcir les conditions d’accès à l’île. L’hiver dernier, à cause de la neige, nous n’avions plus de communication ou d’électricité durant plusieurs jours. Même le ferry n’amenait plus personne. Et pour être honnête, c’était le bonheur ! »

Stéphane Cugnier

Pour s’y rendre : La traversée vers l’île d’Herm ne s’effectue qu’au départ de Guernesey, par l’intermédiaire des ferries de la compagnie « Travel Trident » (www.traveltrident.com). En fonction des courants marins, cette traversée dure entre 20 et 30 minutes, Guernesey n’étant située qu’à moins de 5 kilomètres d’Herm. « Travel Trident » opère 7j/7 et toute l’année. Compter environ 11,50£ pour un aller-retour (5,50£ par enfant).

Les plaisanciers possédant ou ayant loué un voilier peuvent également accoster sur l’île.

Pour plus d’informations sur les offres d’hébergement : http://www.herm.com

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