Les Indiens Chumash maîtres du jeu

Spoliés durant plusieurs décennies par les pionniers européens, les Indiens Chumash de la vallée de Santa Ynez tiennent aujourd’hui leur revanche grâce… à leur casino.

Nul besoin de se rendre à Vegas pour profiter des plaisirs du Black Jack ou des machines à sous. A 3 heures de route au Nord de Los Angeles, les Californiens bénéficient d’un casino à nul autre pareil.

Nichée au cœur de la vallée de Santa Ynez, célèbre pour avoir abrité le ranch de Ronald Reagan ou l’extravagant Neverland de Michael Jackson, la réserve des Indiens Chumash propose en effet un gigantesque complexe de 14400m2 dédié aux jeux, à l’hôtellerie et à la détente. Et petit bonus pour les amateurs de nicotine, le site n’est pas soumis à la législation californienne interdisant de fumer dans les lieux publics.

De fait, le visiteur foulant l’épaisse moquette grenat et or des immenses salles de jeux du casino est immédiatement frappé par la fumée émanant des cigares et cigarettes. Ici rien n’est aseptisé et tout, ou presque, est autorisé. Boire de l’alcool fort en public ou s’adonner aux jeux de hasard ne constitue pas une violation, les réserves indiennes étant autorisées à mettre en place leur propre législation, indépendante de celles de l’Etat et de la Fédération.

A l’image de nombreux autres peuples de «Native Americans» à travers le pays, les Indiens Chumash ne sont pas non plus soumis à l’impôt, d’où le développement rapide de complexe. Au début des années 80, la tribu commença par organiser des bingos afin de lever des fonds, avant d’être encouragée à aller plus loin lorsqu’en 1988 le Congrès autorisa les Indiens à gérer des établissements de jeux. Dès 1994 débutait donc, discrètement situé en contrebas de la route 246, la construction de la première modeste «tente», appelée à devenir le casino actuel.

Depuis cette date, la réserve est devenue un lieu très fréquenté par les Californiens. Chaque week-end, un flot de véhicules déversé par le 101 freeway ou la route 154 arrive de Santa Barbara et des environs. Spa, hôtel, restaurants, casino, salle de concert, combats de boxe, les centres d’intérêt ne manquent pas pour la clientèle, laquelle finance ainsi la communauté Chumash, longtemps apauvrie par l’expansion des villes et l’immigration. 750 travaillent sur place et servent 3500 personnes chaque jour (trois fois plus le week-end).

L’activité du casino est évidemment celle qui attire le plus de monde, uniquement si l’on a plus de 18 ans. 6800 m2 sont consacrés aux tables de jeux, au bingo, aux jeux vidéos, ainsi qu’aux 2000 machines à sous. Les adeptes du poker ont droit, quant à eux, à une pièce séparée située immédiatement à droite après l’entrée.

Dans cette salle, inutile de chercher la lumière du jour. Celle-ci ne pénètre jamais, afin de ne pas perturber les clients, et surtout leur faire perdre la notion du temps. Le bruit des pièces insérées dans les machines ou le son de la musique diffusée par les hauts parleurs agressent les oreilles, mais incitent rapidement les visiteurs à chercher une place libre face au bandit manchot.

Dès lors, plus rien n’a d’importance, et chacun peut s’offrir le «plaisir» de perdre – ou de gagner pour les plus chanceux – une petite fortune à deux pas de chez soi…

Pour les Indiens Chumash, cette rentrée d’argent n’est pas anodine. La majorité des sommes dégagées sert en effet à acquérir de nouvelles terres sans payer d’impôts, faire vivre les tribus, mais aussi regagner les territoires qui leur avaient été confisqués. Selon un rapport économique publié en août 2012 par la « California Nations Indian Gaming Association », le chiffre d’affaires des casinos indiens à travers toute la Californie a atteint 7,5 milliards de dollars, permettant aussi d’employer 52 000 personnes (des employés ayant du faire preuve de leur ascendance indienne – au moins 1/8e de sang indien -).

Une revanche que rien ne semble devoir arrêter. Chaque année les produits du jeu sont en effet plus importants et la communauté indienne californienne (comme bien d’autres à travers le pays), devient plus puissante. Un retour de boomerang que les Chumash ne veulent pas placer sous le signe du combat, les représentants des «Native Americans» ayant indiqué qu’ils ne souhaitaient pas empiéter sur les terres déjà bâties, mais seulement offrir un espace suffisant pour assurer la prospérité et le confort de leurs descendants.

Stéphane Cugnier

Infos pratiques :

Pour s’y rendre depuis Los Angeles : Emprunter la 101 North et prendre la sortie 140A. Suivre ensuite la 246 en direction de Santa Ynez. Le Chumash Casino se trouve à 7 miles sur la gauche de la route. Pour les plus fortunés, la petite ville de Santa Ynez possède un aéroport assurant des liaisons avec tous les aéroports municipaux de Californie.

Renseignements et directions sur le site web : www.chumashcasino.com

Article également paru sur le site FRENCHMORNING.COM le 18 janvier 2012

http://frenchmorning.com/les-indiens-chumash-maitres-du-jeu/

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