Se perdre avec délice dans le vieux San Sebastian

Il ne suffit pas de partir très loin de la France pour goûter à un autre univers, une autre ambiance. A moins de 100 kilomètres de la frontière franco-espagnole, San Sebastian vous invite à la détente.

De prime abord, San Sebastian ne donne pas envie de s’y attarder. Lorsque l’on quitte l’autoroute pour traverser les quartiers périphériques et prendre la direction de la vieille ville, l’urbanisme moderne et déshumanisé ne prête pas au dépaysement.

Mais à mesure que l’on s’approche de la plage et de la baie de la Concha, le charme se met à opérer. Donostia (nom Basque de la ville) se révèle alors de manière spectaculaire. Sa rade, encadrée par les deux promontoires rocheux, les monts Urgull et Igeldo, offre un panorama hors du commun.

Dès lors, il convient de laisser son véhicule pour aller ses perdre à pied dans les rues.

La découverte des lieux passe tout d’abord par une déambulation le long de son élégante plage de sable fin. La promenade aménagée sur plus d’un kilomètre permet d’apprécier une ambiance digne de la Belle Epoque. Les grilles en fer forgé, les réverbères art déco, les jardins aménagés et les horloges à l’ancienne mènent paisiblement jusqu’à l’imposant hôtel de ville. Ancien casino construit en 1887, il fut fermé en 1925 lors de la prohibition sur le jeu, avant de devenir mairie en 1947. Son style architectural répond parfaitement à la station thermale de la Perla, mais aussi à l’ancienne maison royale des thermes ou aux installations de bords de plage, forte d’une trentaine de douches, de cabines et de chaises longues. Pour peu que l’on ferme les yeux en écoutant les vagues, le réveil donne le sentiment d’avoir effectué un voyage dans le temps, un siècle en arrière.

Afin de plonger ensuite au cœur de la ville, il faut suivre la direction du vieux port et de l’aquarium. Sur les quais de ce site pittoresque, à l’âme basque, les pêcheurs discutent avec les restaurateurs en réparant leurs filets. Le va et vient des petites embarcations est incessant et l’on se plaît à suivre des yeux les bateaux sortir du port pour affronter la mer Cantabrique, après avoir franchi la ligne imaginaire reliant l’île de Santa Clara et le mont Urgull.

La promenade se poursuit sur le Paseo Nuevo pour contourner le rocher où se trouve le parc le plus fréquenté de la ville. En son cœur se dressent les vestiges du château de La Mota et le cimetière des Anglais. Mais le véritable trésor n’est autre que la vue sur la baie.

En redescendant vers la vieille ville, la foule des Donostiens occupe les rues commerçantes entre la place de la Constitution, l’église San Vicente, la Basilique Santa Maria Del Coro, le magnifique musée San Telmo et le marché de la Bretxa. Les sites, monuments et musées vous invitent à les découvrir, mais ce sont les restaurants de la rue Fermin Calbeton qui attirent avant tout le regard. Les tapas étalés sur les comptoirs de chaque établissement font saliver les clients les plus difficiles, lesquels se laissent rapidement tenter par un en-cas sur une terrasse ombragée.

Immédiatement, le temps s’arrête. Encadré par les drapeaux basques et les slogans revendiquant la fierté de ce peuple, le visiteur déguste les spécialités locales, tout en sirotant une « cerveza » ou un « agua limon » selon les goûts. Un des principaux passe-temps des habitants de Saint-Sébastien et des touristes est aussi de déambuler dans les rues et de reprendre des forces avec un petit verre de vin blanc, txakoli, une tapa-pintxos…

L’estomac rempli, mais les yeux toujours tournés vers le tourbillon gastronomique des restaurants, retour dans la vieille ville, embryon de la ville actuelle, délimitée par les trois éléments naturels : lemont Urgull, le fleuve Urumea et la Baie de la Concha. Jusqu’en 1863, elle était aussi délimitée par une muraille ; avant qu’elle ne soit démolie pour entreprendre l’agrandissement de Donostia. Auparavant, presque toutes les maisons intramuros avaient été mises à sac et détruites par les troupes anglo-portugaises le 31 août 1813, durant la guerre d’Indépendance contre les troupes de Napoléon.

Véritable cœur de la vieille ville, la place de la Constitution interpelle par son style. Son bâtiment central fut le siège de la mairie jusque dans les années 1940. Sur les balcons des édifices chamarrés qui l’entourent figurent des numéros qui remontent à l’époque où la place servait d’arène. Aujourd’hui, elle constitue un lieu plein de vie et la scène principale des fêtes locales les plus importantes : le 20 janvier, fête de Saint Sébastien, s’y tient le lever et la descente du drapeau, le 21 décembre, fête de la Saint Thomas, etc.

Après avoir tourné le dos aux ruelles étroites au pied du mont Urgull, il est temps d’admirer la partie que les Donostiens qualifient de « romantique ». Dans un environnement très élégant et très « dix-neuvième », au style éclectique, la mairie sert de repère. Ce bâtiment qui reçut en son temps Mata Hari, Rothschild, le roi de Belgique ou le Shah de Perse, s’ouvre sur la Place de Gipuzkoa, oasis au milieu de la ville, avec son étang et ses canards.

La Cathédrale du Buen Pastor de style ogival poursuit la visite. Sur sa façade principale se détache « La Croix de la Paix », oeuvre du sculpteur Eduardo Chillida. Avec ses 1.915 m2, l’église est la plus grande de la ville.

La Place de Bilbao, coquette, avec sa fontaine monumentale, guide ensuite le visiteur vers le pont María Cristina, le plus élégant sur le fleuve Urumea, avec ses quatre pylônes inspirés du pont Alexandre III de Paris. Le Paseo de Francia, sur l’autre rive du fleuve, près de la Gare du Nord, propose une promenade paisible aux réminiscences françaises avec ses fontaines « Wallace » et ses beaux hôtels particuliers du début du XXe siècle, bordée des garde-corps qui décoraient la promenade de la Concha avant 1910.

Mais il faut revenir vers la baie pour terminer ces heures à flâner au cœur de San Sebastian. Accoudé aux grilles surplombant la plage, rien ne vaut le spectacle d’un coucher de soleil au-dessus de la mer Cantabrique et de l’île Santa Clara. Cette vision termine en apothéose la plongée dans l’âme de Donostia et incite à y revenir plus longuement, afin de découvrir l’autre « roc » de la ville, le mont Igeldo, avec ses parcs, son funiculaire et ses manège pour enfants.

Stéphane Cugnier

Plus de renseignements : http://www.sansebastianturismo.com/fr/

Article également paru dans « COULEUR MAG » le 26 août 2013

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