Les Maldives, un archipel contrasté

Lagons turquoises, palmiers et soleil, les Maldives illustrent parfaitement les décors de carte postale. Un rêve pour les touristes, mais un pays compliqué pour ses habitants.

« Maruhabaa ! », soit « Bienvenue » en langue Dhivehi. Sourire aux lèvres, les Maldiviens ne manquent jamais de prononcer ce mot au moment d’accueillir les touristes débarquant à l’aéroport de Malé. Courtoisie, calme et disponibilité sont les marques de fabrique de la population, toujours soucieuse de donner la meilleure image possible de leur archipel, riche de 1192 îles coralliennes (dont 201 non habitées) et 26 atolls sur lesquels se serrent 360 000 habitants.

Dans ce décor de rêve, le quotidien des Maldiviens n’est pas rose pour autant. Exposés aux caprices de la nature (comme le démontra le tsunami de 2004 ou la montée des eaux due au réchauffement climatique) en raison de l’érosion des îles et du très faible relief, les habitants ne bénéficient en outre que de très peu de débouchés professionnels hors tourisme. Pour nourrir leur famille, certains sont même contraints de quitter leur île pour aller travailler dans un complexe hôtelier situé sur un atoll à l’autre bout de l’archipel et ne peuvent donc revenir chez eux que sept ou huit fois dans l’année.

A ceci s’ajoute une situation politique difficile, dans ce pays situé au cœur de l’Océan Indien et au Sud de l’Inde, le pouvoir n’hésite pas à faire le ménage pour calmer les revendications des Maldiviens. Une répression policière parfois très dure, même si le pouvoir affirme vouloir mener le pays sur la voie de la démocratie, après plus de trente ans de tyrannie et corruption.

En dépit de cette situation, l’archipel des Maldives est devenu un haut lieu du tourisme. Les hôtels occupent ainsi une centaine d’îles et tous les budgets peuvent profiter de cette destination. Des vacances sur place débutent toujours par un moment fort, à savoir un transfert en bateau entre l’aéroport et le complexe hôtelier, en naviguant sur une eau turquoise où toutes les variétés de poisson se pressent à la surface. Un véritable rêve pour les amateurs de plongée, snorkelling ou pêche.

La découverte du monde marin constitue d’ailleurs la principale activité, si ce n’est la seule, des vacanciers. Partir en vacances aux Maldives équivaut surtout à s’allonger dans une chaise longue sur une plage de sable blanc en sirotant un cocktail, en regardant les paquebots et yachts de luxe croiser au large. Les possibilités d’excursion et de contact avec la population son en effet très réduites, à moins de disposer des services d’un bateau-taxi.

Si tel est le cas, il convient évidemment de débuter par une découverte de Malé, l’île capitale du pays. Cette ville de 4km2 (17 kilomètres de long sur 10 de large) abrite 100 000 Maldiviens et travailleurs expatriés. Sur cette île grouillante, voitures, bus, mobylettes et taxis se font la guerre pour circuler au milieu des piétons. Pour plus de confort, il convient donc de circuler à pied, afin de découvrir les petites échoppes ou les grands centres commerciaux, mais surtout pour prendre le pouls de la vie locale : une vie sous haute surveillance policière.

A travers la ville, il est possible de découvrir la moquée du vendredi, bâtie en 1656, ou encore le centre islamique, principal repère architectural de la ville. Le square de l’indépendance (près du quartier général de la police), l’ancien palais présidentiel ou le marché aux poissons valent également le détour.

Pour plus de calme et de charme, une excursion en ferry jusqu’à Villimale, communauté insulaire à 2 kilomètres à l’Ouest de Malé, révèle un beau récif coralien, mais propose surtout une ville paisible où le gouvernement a décidé de restreindre l’usage des véhicules à moteur. L’atmosphère n’en est que plus agréable.

Quant aux visiteurs adeptes des chantiers pharaoniques, ils se rendront à Hulhumalé, situé à 1,3 kilomètre au Nord-Ouest de Malé. Ils y découvriront une ville artificielle, gagnée sur l’Océan Indien, afin de remédier aux problèmes de logement, de promiscuité et de congestion de Malé. Débutés en 1997 et terminés dans certaines portions de l’île, ces travaux titanesques ne devraient toutefois prendre fin qu’en 2020.

Les Maldives offrent donc quelques attraits, en dehors des plages, du farniente et du fond marin, mais les voyageurs exigeants et soucieux de rencontres resteront certainement sur leur faim.

Stéphane Cugnier

Bon à savoir :

Aucun alcool n’est servi dans la capitale Malé. La consommation d’alcool étant sévèrement contrôlée par le pouvoir et les autorités relgieuses.

Il est par ailleurs recommandé de porter au minimum un tee-shirt et un short en dehors des îles-hôtels, les bikinis et maillots n’étant pas admis sur les îles principales.

 

Infos pratiques :

Décalage horaire avec la France : 4h en hiver et 3h en été.

Capitale : Malé.

Langues : Dhivehi, Anglais.

Monnaie : Rufiyaa.

Surface : 90 000 km2 (dont moins de 1% de terre, soit 298 km2).

Religion : Islam.

Meilleure période : Entre décembre et avril.

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