Libérez les plages de Djerba !

 

Dommage causé par le tourisme intensif, les plages et bords de mer de l’île de Djerba se révèlent de moins en moins accessibles aux baigneurs, voire aux Tunisiens eux-mêmes.

Inutile de nier l’argument, le tourisme est vital pour l’île de Djerba. Depuis l’explosion de cette destination sur le marché des vacances au début des années 80, les complexes hôteliers et pensions ne cessent de pousser, de préférence face à la Méditerranée, apportant aux Tunisiens une source de revenus non-négligeable.

A l’heure actuelle, l’île compte plus de 50 000 places d’hébergement et les projets touristiques ont à peine été freinés par la révolution de 2010-2011. Il ne se passe d’ailleurs pas une semaine sans qu’une nouvelle liaison aérienne ne soit annoncée vers l’aéroport de Djerba-Zarzis, comme ce fut le cas au début de l’année de la part de plusieurs opérateurs de l’Europe de l’Est.

Il est vrai que les charmes de cette île de 514 km2 et 140 000 habitants sont nombreux. Depuis la forteresse de El Borj El Kebir jusqu’à la synagogue El Ghriba, en passant par les charmes de la capitale Houmt Souq, les mosquées de Guellela et El May, ou encore les villes pittoresques de Sédouikech, Cedghiane et Midoun, les centres d’intérêt ne manquent pas. Si l’on ajoute à cela la qualité de l’artisanat, la quiétude des cafés, l’ouverture des habitants ou les incontournables promenades à dos de chameau, les visiteurs ont de quoi effleurer l’authenticité tunisienne… du moins à l’intérieur des terres.

Car en effet, les rives de Djerba perdent progressivement leur charme. La puissance (financière) des chaînes hôtelières et promoteurs immobiliers ont peu à peu grignoté les zones de sable blanc qui ont fait la réputation de l’île. Il est désormais rare de trouver une plage qui ne soit pas « polluée » par les façades massives des hôtels ou par les parasols et chaises longues qui interdisent quasiment de circuler librement.

De fait, les habitants désertent ces zones devenues refuges de touristes et les rencontres avec les Tunisiens se limitent bien souvent aux discussions avec les marchands ambulants. Sur ces bords de mer, l’esprit tunisien s’efface pour laisser place aux désirs des vacanciers parqués dans des zones taillées à leur mesure et à l’idée qu’ils se font du dépaysement. L’uniformisation touristique abîme progressivement la qualité des lieux et ce qui constituait l’une des richesses de l’île.

Terre d’accueil et de passage depuis des siècles, comme en témoignent les vestiges que l’on y découvre en la parcourant, Djerba ne perdra jamais son âme et ses qualités. Toutefois, les restrictions d’accès à la Méditerranée ne jouent pas en sa faveur et rebutent de plus en plus de voyageurs ouverts aux rencontres, ainsi que les Tunisiens perdant la jouissance de leurs plages.

Le coup de sang est dérisoire, tant l’appel est vain et ridicule face à la puissance touristique qui dénature les îles du monde, les unes après les autres, mais il convient de le marteler : Libérez les plages de Djerba !

Stéphane CUGNIER

Publicités

2 commentaires

  1. La plage de yéti est encore plage publique, eau turquoise et sable blanc. Publique pour combien de temps encore ???
    Elle est splendide !

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s