Minneapolis célèbre son Prince

Enfant de la ville, Prince n’a jamais délaissé Minneapolis en dépit de son succès. Trente ans après la sortie de son film « Purple Rain », tourné sur place, une visite touristique lui est consacrée.

Décédé subitement en avril 2016 à lâge de 57 ans dans sa demeure de Paisley Park, Prince aimait sa ville et celle-ci le lui rendait bien. Le « Kid de Minneapolis » n’a jamais cédé aux sirènes de New York, Los Angeles ou Miami, préférant poursuivre sa carrière artistique en milieu familier et permettant au passage à la plus grande ville du Minnesota de bénéficier d’une promotion planétaire.

Trente ans après la sortie du film « Purple Rain » qui permit au chanteur d’accéder au statut de superstar et de remporter un Oscar pour la bande originale, Minneapolis a décidé de combiner ses deux principaux atouts pour attirer les visiteurs du monde entier. Depuis le début de l’année, la cité du Midwest – élue meilleure ville américaine pour se promener sur deux roues grâce à ses 330 kilomètres de pistes cyclables – a ainsi mis en place un circuit touristique à vélo sur les traces de Prince Rogers Nelson.

Moyennant le prix d’accès (6$ la journée + 4,50$ toutes les 90 minutes, ou 15$ pour un pass d’un mois) au système de vélo en libre-service « Nice Ride », semblable au Vélib’ parisien, il est possible de chevaucher un deux-roues vert pomme et de se lancer à la découverte de la plus belle réussite du « Minneapolis Sound », sorte de glam-rock des années 80. « Dans le film, Prince sillonnait la ville sur sa moto, s’arrêtant ici et là dans ses lieux favoris », indique Cheryl Offerman, de l’office de tourisme de la ville. « Les touristes et les fans peuvent désormais faire de même sur un circuit appelé ‘Prince-For-A-Day’, mais cette fois à vélo, ce qui permet de ne pas avoir de souci pour se garer et d’apprécier la ville en même temps. »

En partant du séduisant centre ville de Minneapolis, avec ses gratte-ciels, ses commerces et ses îlots de verdure, le circuit s’arrête tout d’abord devant le « First Avenue », discothèque et salle de concert. C’est derrière ces murs, ornées d’étoiles portant les noms des principaux groupes et chanteurs venus y jouer depuis 1970, que furent tournées toutes les scènes musicales du film « Purple Rain ». Prince en est toujours l’un des habitués. Sauvage et mystérieux, le « Nain Pourpre » vient fréquemment garer sa limousine en face du club, simplement pour écouter les rumeurs du club. « Il lui arrive parfois de sortir et de rejoindre certains groupes sur scène, pour des ‘boeufs’ improvisés. C’est rare, mais les chanceux qui assistent à ce genre d’apparition peuvent être sûrs qu’ils auront droit à 3 ou 4 heures de folie, car une fois lancé Prince est inarrêtable ! »

Les arrêts suivants comprennent une autre discothèque, le « Glam Slam », mais aussi « Sound 80 », le tout premier studio d’enregistrement de l’artiste. Il convient ensuite de pédaler une bonne demi-heure à travers les rues et les lacs pour se rendre jusqu’au 3420 Snelling Avenue. Dans cette partie de la ville occupée par la Middle-Class et la classe ouvrière, se dresse la maison d’enfance de Prince. Une bâtisse typiquement américaine, d’où émane une certaine mélancolie.

Si la carte fournie avec le tour à vélo s’arrête ici, plusieurs arrêts supplémentaires peuvent être effectués. A l’Orpheum Theatre les inconditionnels pourront apercevoir le labyrinthe de couloirs filmé dans « Purple Rain » lorsque Prince quittait la scène du « First Avenue ». Les rives du Cedar Lake (Lake Minnetonka dans le film) permettent par ailleurs de revivre la scène où Apollonia, la petite amie du chanteur, se baignait nue pour se purifier : « Pour l’anecdote, il faisait si froid lorsque cette scène a été tournée, que l’actrice a été traitée pour hypothermie juste après ! Et dans l’heure suivante, il s’est mis à neiger », souligne Cheryl Offerman.

Le must est évidemment d’effectuer un détour par les studios de Paisley Park, véritable forteresse blanche immaculée. Située à Chanhassen, à 20 miles de Minneapolis, elle n’est accessible qu’en voiture et l’entrée coûte la bagatelle de 30 dollars. Inutile d’espérer y croiser le maître des lieux. Les rumeurs de sa venue bruissent en permanence, mais fidèle à sa légende l’intéressé est insaisisable. De nombreux événements musicaux et festifs y sont toutefois organisés toute l’année.

Dernière étape, le Crystal Court de l’IDS center. Située en plein centre ville, sur Nicollet Mall, cette gigantesque galerie commerciale accueillit plusieurs scènes de « Purple Rain » et reste encore aujourd’hui dans le même état qu’à l’époque.

Si ce tour de ville demande quelques efforts et quelques recherches, il permet toutefois de saisir l’essence du film et de découvrir au passage une ville extrêmement riche et constratée. Il démontre par ailleurs que l’héritage musical de Minneapolis a fait des émules. Quel que soit le bar ou restaurant où l’on s’arrête, une place est réservée aux artistes de tous styles. Il convient en particulier d’effectuer un passage par le Dakota pour son ambiance jazzy, et plus encore par Hell’s Kitchen, à la déco délicieusement infernale mais à la cuisine savoureuse…

Stéphane Cugnier

Plus de renseignements : http://www.minneapolis.org
Pour la location de vélos : http://www.niceridemn.org

Article similaire publié dans l’édition du soir du quotidien « OUEST FRANCE », le mercredi 27 août 2014

Publicités

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s