Chattanooga renaît de ses cendres

Le passé récent de Chattanooga a tout d’un parcours en montagnes russes. Cité florissante jusqu’à la deuxième moitié du XXe siècle, elle connut ensuite une descente aux enfers liée à la pollution et à la désindustrialisation. Mais loin de se laisser abattre, la population a su se mobiliser pour réinventer sa ville.

Chattanooga. Un nom qui sonne comme une musique et une invitation à la contemplation. Dérivée du langage des Indiens Cherokee, l’appelation de cette ville du Tennessee située à quelques kilomètres des frontières de la Géorgie et de l’Alabama, constituerait presque à elle-seule un motif de visite. Fort heureusement, à ce nom chantant s’ajoute une foule de curiosités et petites merveilles à découvrir, entre nature, culture et patrimoine.

L’histoire de Chattanooga aurait pourtant pu être similaire à celle de nombreuses villes des Etats Unis marquées par le boom de l’industrialisation, puis sa chute.

Tout commence au début du XXe siècle, lorsque le gouvernement décide d’y ouvrir une gare qui assurera le transit des voyageurs entre les différentes parties du pays, depuis la Floride ou le Mississippi au Sud, en direction de New York, Baltimore ou Cincinnati au Nord. Le premier train démarre en 1909 et avec lui le début d’une ère de prospérité. Séduits par la qualité des transports et de la navigation fluviale sur le Tennessee, mais aussi par la situation de la ville au carrefour de plusieurs Etats, les entrepreneurs se pressent. Les usines se développent, de même que la population, attirée par les possibilités d’emploi. De 1900 et 1940, le nombre d’habitants passe ainsi de 30.000 à plus de 128.000 !

Mais après la Seconde Guerre mondiale, la situation se dégrade. Les progrès techniques concurrencent les usines, lesquelles sont montrées du doigt pour leur impact négatif sur l’environnement. En 1969, un programme télévisé diffusé sur CBS révèle d’ailleurs que Chattanooga est la ville la plus sale du pays et celle dont l’air est le plus pollué… Comble de malchance, la gare, popularisée par la chanson « Chattanooga Choo Choo » de l’orchestre de Glenn Miller, ferme définitivement en 1970.

Un véritable déferlement de mauvaises nouvelles pour la population, qui ne se laisse pourtant pas abattre et décide de relever ses manches.

Au cours de la décennie suivante, un « courant vert » s’installe dans les mentalités, tandis qu’une vaste réflexion est engagée pour modifier l’image de la ville. L’accent est d’abord mis sur la culture avec le lancement de plusieurs projets de musées, de rénovation de librairies et de festivals. Le patrimoine est également mis en valeur grâce à un programme ambitieux de réhabilitation des vieux bâtiments. Un plan de 120 millions de dollars est aussi voté en 1980 pour aménager les berges du fleuve en harmonie avec le coeur historique de la ville. Quant à la fameuse gare, une opération est lancée pour la transformer en hôtel atypique.

En parallèle, jardins et plantations se développent ici et là, de même que les premiers marchés et magasins bio – bien avant que ceux-ci ne deviennent à la mode – à l’image du restaurant « 212 Market Street », tenu depuis 40 ans par les soeurs Moses.

A la fin des années 90, Chattanooga a totalement changé de visage et gagné son pari. La ville est devenue l’une des plus séduisantes du Tennessee et l’une des destinations de weekend préférées des habitants de la région.

Chattanooga ne manque en effet de rien : branchée, dynamique et agréable à vivre. Le quartier de Market Square en est l’illustration parfaite : restaurants, bars et boutiques, notamment celle du « Moon Pie », friandise locale créée en 1917, permettent une agréable promenade au milieu d’une architecture mariant intelligemment moderne et ancien. De la sortie des bureaux jusqu’à la tombée de la nuit, le secteur s’anime et attire toutes les tranches d’âge, que ce soit pour flâner, boire un verre ou écouter les musiciens jouant en pleir air. A deux pas de là, en direction du fleuve, le Tennessee aquarium ouvert en 1992, affiche l’une des plus belles présentations au monde d’espèces vivant en eaux douces. A ses côtés, se dressent le Hunter Museum, consacré à l’art américain, ainsi que High Point, la plus grande structure urbaine des USA dédiée à l’escalade à mains nues.

Les curiosités les plus spectaculaires se trouvent cependant en périphérie de la ville. « L’incline railway », permet ainsi de grimper jusqu’au Lookout Mountains. Ce trolley ouvert en 1895 monte à pic pour offrir une vaste vue sur la région et dévoiler la majesté des paysages. Arrivés à destination, les visiteurs ont alors l’embarras du choix depuis les hauteurs des Lookout Mountains. Le musée de « The Battles of Chattanooga », à Point Park, permet de revivre les combats de la guerre civile qui fit des milliers de morts entre 1861 et 1865, et dont les batailles les plus sanglantes eurent lieu sur ces terres, coincées entre Nord et Sud.

Légèrement plus à l’Est, les Ruby Falls constituent une splendeur naturelle à ne pas manquer. Découvertes en 1928 (et ouvertes depuis cette date) par Leo Lambert qui leur donna le prénom de son épouse, ces cavernes et galeries souterraines dévoilent toutes sortes de trésors géologiques sculptés par les infiltrations d’eau. La cascade souterraine à laquelle on accède en fin de visite vaut à elle-seule le détour.

Afin de terminer au mieux cette visite de la ville, l’arrêt du côté du Chattanooga Choo Choo est essentiel. Chaque détail de l’ancienne gare, conservé et remis en valeur, a été utilisé au mieux par cet hôtel de charme. L’ambiance des gares du milieu du siècle dernier a été préservée, notamment dans la superbe verrière transformée en salle de restaurant. Quant aux wagons et locomotives, ils trônent toujours sur les voies, et c’est d’ailleurs à bord de ces mêmes wagons qu’ont été installées les chambres de l’hôtel.

Pour les visiteurs préférant dormir dans un bâtiment plus central, mais à l’élégance d’autrefois, « The Historic Read House », sur Broad Street, offre l’avantage d’être situé au pied d’une station de l’Electric Shuttle (navette électrique gratuite circulant dans tout le centre ville) et d’être géré par un Français.

Et si ces attractions ne suffisent pas, Chattanooga possède encore bien d’autres atouts : Arboretum & Nature Center, Antique Tow Truck Museum, Zipline depuis les Ruby Falls, Zoo, Tennessee Valley Railroad, mais aussi un service de vélo semblable au Vélib’… Ainsi que la possibilité de faire un détour par la Géorgie, voisine d’une demi-douzaine de kilomètres, pour s’offrir une vue à plus de 100 kilomètres depuis See Rock City.

De quoi parachever un séjour intense en s’offrant un vrai goût du Sud des Etats Unis.

Stéphane Cugnier

Plus de renseignements :
http://www.tnvacation.com

Les différents lieux à visiter :
http://www.chattanoogafun.com ; http://www.rubyfalls.com : http://www.ridetheincline.com ; http://www.tnaqua.com ; http://www.choochoo.com ; http://www.sheratonreadhouse.com ; http://www.highpointclimbing.com ; http://www.moonpie.com

Article également publié dans le magazine « COULEUR MAG », le vendredi 21 novembre 2014

Article également publié dans « PARIS NORMANDIE » le 18 février 2015

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