Rock City, fenêtre sur les Etats du Sud

Du haut de la Lookout Mountain, le Rock City Garden offre une vue imprenable sur la Géorgie, mais aussi, selon les riverains, sur six Etats voisins.

Aux Etats Unis, la réputation des lieux trouve souvent son origine dans les légendes indiennes. Rock City (Géorgie) situé sur l’un des plateaux de la Lookout Moutain, fut longtemps l’une des terres de prédilection des tribus locales, avant que les pionniers européens ne peuplent le site à la fin du XVIIIe siècle.

Selon la légende, c’est de l’un de ces promontoires rocheux, aujourd’hui dénommé « Lover’s Leap » (le saut de l’amoureux) qu’une indienne du nom de Nacoochee se donna la mort par désespoir. Issue de la tribu des Cherokee, la jeune femme s’était éprise de Sautee, membre de la tribu des Chickasaw. Interdit par leurs clans, cet amour connut un tour tragique lorsque les Cherokee décidèrent de laver leur honneur en capturant Sautee pour le jeter du haut de la montagne Yonah, incitant Nacoochee à le rejoindre dans la mort.

ongtemps resté sauvage, l’essor du site ne débuta qu’en 1823, lorsque deux missionnaires en firent le tour et le qualifièrent de « citadelle rocheuse majestueuse ». En 1863, la bataille de Lookout Moutain entre Confédérés et Unionistes y fit rage, les Etats Majors des deux camps souhaitant détenir cet endroit stratégique d’où, selon eux, il était possible d’apercevoir sept Etats (Géorgie, Tennessee, Caroline du Nord, Caroline du Sud, Kentucky, Virginie, Alabama).

La guerre terminée, cartographes et randonneurs s’y intéressèrent à leur tour, souhaitant vérifier les dires des autorités militaires et profiter de cet extraordinaire point de vue. Mais ce n’est qu’au début du XXe siècle qu’un entrepreneur du Tennessee (par ailleurs inventeur du principe du mini-golf), Garnet Carter, entreprit de développer Rock City. Après en avoir acquis 283 hectares et les avoir baptisés « Fairyland », l’intéressé envisagea d’y créer un quartier résidentiel, puis un parcours de golf.

Tombée amoureuse des lieux, l’épouse de Garnet Carter, Frieda, l’aménagea peu à peu. Chemins de promenades, ponts suspendus, ponts en pierres, arches, bassins, aires de repos, points de vues, granges colorées… agrémentèrent bientôt le site. Passionnée de folklore européen en général et fière de ses racines germaniques, elle y installa également des statues de gnomes ou de personnages fantastiques, afin de marquer et baliser les sentiers de Rock City. Loin de se limiter à cela, Frieda y fit pousser plus de 400 espèces locales de plantes, fleurs ou essences d’arbres.

Ce jardin privé ne tarda pas à attirer les visiteurs de toute la région. A tel point qu’en mars 1932, les époux décidèrent d’en faire une attraction officielle, avec entrée payante. Trois ans plus tard, Garnet Carter lança la plus originale et la plus grande campagne de promotion jamais vue, en demandant à l’artiste Clark Byers d’installer des petites granges colorées le long des routes, portant le slogan « See Rock City ». De 1935 à 1969, 900 granges de ce type furent ainsi placées dans dix-neuf Etats, assurant la réputation du jardin…

Depuis son ouverture, Rock City Garden n’a cessé d’innover, mettant à profit les différents rendez-vous festif (Halloween, Thanksgiving, Noël, etc.) pour faire évoluer ses décorations et attirer le public. D’autres événements comme Fairytale Nights, Shamrock City ou ou Enchanted Garden of Lights assurent également une visite animée. Un labyrinthe enchanté à travers les épis de maïs y a même été créé ces dernières années. Fidèle aux origines de Frieda Carter, il constitue par ailleurs l’un des rendez-vous incontournable de la région pour y célébrer oktorberfest, renommé « Rocktoberfest ».

Inutile cependant d’attendre un quelconque événement pour se rendre dans ce jardin. Le spectacle naturel qu’il propose se suffit à lui-même. Entre plantations maîtrisées et merveilles naturelles, une promenade entre les rochers (notamment le fameux « Fat man Squeeze », à savoir « la compression de l’obèse » !) permet d’admirer ce mariage de plantes parmi lesquelles les écureuils gambadent en permanence. Chaque saison y révèle une atmosphère différente : « J’ai toutefois une préférence pour l’automne et le printemps », précise Bill Chapin, propriétaire des lieux et petit-neveu des époux Carter. « Les couleurs y sont plus vives durant ces deux saisons, ce qui promet une expérience presque surnaturelle ! » Et celui-ci de prodiguer un dernier conseil : « Pour s’offrir une visite véritablement inoubliable, rien ne vaut un passage en fin de journée. Vous profiterez alors du coucher de soleil sur les terres et villes que vous dominez depuis Lover’s Leap. Et vous pourrez ressentir la même émotion que les Cherokee lorsqu’ils dominaient ces paysages inviolés au cours des siècles passés… »

Stéphane Cugnier

Pour en savoir plus : http://www.seerockcity.com ; www.lookoutmountain.com/rock-city

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