« The Last Bookstore », un joyeux bazar culturel

Récemment désignée « Plus belle librairie des USA » et régulièrement citée parmi les boutiques les plus originales, « The Last Bookstore », à Los Angeles, transforme la recherche d’un livre en expérience artistique.

Au cœur d’une mégapole où la population est en recherche constante de nouveaux gadgets technologiques, une librairie à l’ancienne est devenue le dernier endroit à la mode. Ironiquement baptisé « The Last Bookstore » (N.D.L.R., La dernière librairie) lors de son ouverture en 2005 dans le centre-ville historique de Los Angeles, le lieu porte pourtant bien son nom : « Les grandes surfaces de la culture ont disparu les unes après les autres « , explique Josh Spencer, fondateur de la librairie. « Au fil du temps, nous sommes devenus une exception. Et nous en sommes fiers. »

Loin d’être un simple étalage de livres, The Last Bookstore a été pensé comme « une œuvre d’art vivante », dans laquelle les visiteurs sont appelés à « vivre une expérience ». Sur deux étages et plus de 2 000 m2, les clients naviguent ainsi dans un tunnel et un labyrinthe de livres (au sens propre), découvrent ensuite une galerie d’artistes et artisans, s’installent pour lire dans de confortables canapés en cuir ou admirent les décorations plus farfelues les unes que les autres.

« La lecture d’un livre ou l’écoute d’un disque sont des aventures. Leur achat doit l’être aussi. Nous avons plus de 250 000 livres en tous genres, sans parler des CD, des vinyles et de notre service de revente et échange. Il fallait présenter cela de manière différente. Je ne voulais pas d’un magasin aseptisé. Avec les hauts plafonds et l’architecture inhabituelle des lieux, il y avait un esprit ‘Cathédrale de la culture’ qu’il fallait mettre en avant. »

Un défi parfaitement relevé par Josh Spencer. Installée dans une ancienne banque, sa librairie fait en effet office de joyeux bazar avec ses livres pendus au plafond, sa tête de mammouth au mur et ses rayons tarabiscotés. Une décoration foutraque, comme un savant mélange d’Alice au pays des Merveilles, du Nom de la Rose ou du Fantôme de l’Opéra. « Je souhaite offrir aux visiteurs une promenade hors du temps. Un temps parallèle à celui de Los Angeles, où tout est agité, chaotique et tourné vers la quête de l’argent. En passant la porte d’entrée, vous entrez dans une autre dimension, secrète, où votre vraie vie commence. »

Une philosophie qui semble séduire, puisque The Last Bookstore a récemment été désignée « Meilleure librairie des États-Unis ». Le magazine LA Weekly l’a également classée dans sa liste des 10 visites incontournables à Los Angeles, tandis que la chaîne CNN lui a consacré un long reportage. De quoi satisfaire son créateur : « Ce magasin, c’est un peu l’histoire de ma vie. J’avais envie de devenir écrivain, mais tout en restant ouvert à la lecture, la culture au sens large et à la création. Tout était mélangé dans ma tête. J’ai donc transposé mon cerveau entre ces quatre murs ».

Stéphane Cugnier

Article similaire publié dans l’Edition du soir du quotidien « OUEST FRANCE », le mercredi 24 février 2016

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