Bora Bora, tout pour séduire

La « perle du Pacifique » attire chaque année des milliers de visiteurs charmés par le spectacle naturel des lieux. Mais les conditions de vie des habitants n’ont rien de simple.

Impossible de ne pas être émerveillé lorsque l’on pose le pied sur le tarmac du petit aéroport de Bora Bora. Le survol de l’île et de son lagon, quelques minutes plus tôt s’était déjà révélé spectaculaire, mais la récompense à l’arrivée du voyage depuis l’île principale de Papeete dépasse de loin les attentes des amateurs d’eaux turquoise.

La beauté des lieux, alliée à ce souffle chaud qui ne cesse de vous caresser la peau, vous plonge immédiatement dans une totale béatitude. De fait, l’ancienne signification du nom ancestral « Mai Te Pora » (Créée par les dieux) semble parfaitement justifiée.

Les explosions de couleurs, aux teintes changeantes d’une minute à l’autre en fonction des passages nuageux, régalent tout de suite le regard et confirme la réputation paradisiaque de cette île Sous-le-Vent, faisant partie de l’archipel de la Société en Polynésie française.

Entourée de nombreux motus (ilôts de sable corallien) sur lesquels les hôtels de luxe ont jeté leur dévolu, l’île principale a su quant à elle conserver son authenticité. Sous le majestueux et verdoyant Mont Otemanu (727 mètres), et son voisin le Mont Pahia (661 mètres), les 10 000 habitants mènent une vie tranquille, principalement tournée vers l’industrie touristique sous toutes ses formes.

Longue de 8 kilomètres et large de 5 kilomètres, les 40km2 de Bora Bora ne ressemblent toutefois en rien aux images des dépliants destinés à attirer les vacanciers. A l’image de son chef-lieu, Vaitape, les constructions de bric et de broc se succèdent, de même que les décharges à ciel ouvert ou les bras de rivières jonchés de détritus. Un envers du décor peu séduisant, mais qui constitue la réalité du quotidien de la population. Une situation qui n’empêche pas la chaleur et la gentillesse de cette dernière, toujours prête à vous aider et à vanter la richesse de son héritage.

Afin de véritablement découvrir Bora Bora, il convient donc de sortir des hôtels quatre ou cinq étoiles pour aller à la rencontre des habitants ou parcourir les routes et quartiers de l’île principale. Découvrir cette vie quotidienne consiste aussi à comprendre les difficultés rencontrées pour développer l’activité économique. Le taux de chômage y avoisine les 25%, et touche avant tout les plus jeunes. Au coeur des villes, la population désoeuvrée y est visible, en dépit des atouts de l’île. Eloignée de tout, Bora Bora ne peut notamment pas compter sur le trafic maritime.

L’île ne comprend en effet que trois baies ouvertes sur le lagon : la baie de Faanui à l’ouest, ainsi que la baie Hitiaa au nord-ouest. La baie de Tuuraapuo, également à l’ouest, sépare l’île principale de deux îlots de nature volcanique : Toopua et Toopua-iti. Autour, un collier de corail protège Bora-Bora comme une digue et rend la navigation difficile. Ce récif-barrière ne présente qu’une entrée sur l’océan, à savoir la passe de Teavanui, à l’ouest de l’île principale.

Au côté d’une agriculture limitée, le tourisme constitue par conséquent une source indispensable de revenus. Mais loin de s’y jeter à corps perdu, les Tahitiens ont su, jusqu’à présent, l’exploiter de manière intelligente. Les hôtels ne reçoivent qu’un peu plus de 20 000 touristes par an et sont incités à inclure dans leur installation ou développement des actions en faveur de la protection de l’environnement. Un centre d’observation des tortues a ainsi été mis en place en 2011, tandis que des nurseries de coraux malades sont installées dans à peu près tous les établissements. Ces coraux peuvent ainsi se régénérer dans des conditions écologiques favorables et attirent de nombreuses colonies de poissons, eux-aussi protégés.

Bien que volatile, puisque soumise aux aléas touristiques, l’économie locale parvient donc à se maintenir. La « Perle du Pacifique », dont la véritable orthographe est en réalité Pora Pora (« la première née » en Tahitien), attise toujours les rêves des voyageurs du monde entier. Les habitants, eux, continuent à maintenir un mode de vie simple et traditionnel, à l’image de ces pirogues qui envahissent les eaux en fin d’après-midi, ou de ces fleurs de tiaré coincées derrière les oreilles.

Stéphane Cugnier

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